L'Arabie saoudite propose un parc à thème « Dragon Ball » à Paris pour étendre son soft power
Le projet d'attraction dédiée aux animés près de la capitale française marque une extension de l'offensive de plusieurs milliards de dollars du royaume dans les investissements internationaux dans la pop culture et le tourisme.
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L'Arabie saoudite propose un parc à thème « Dragon Ball » à Paris pour étendre son soft power
Le projet d'attraction dédiée aux animés près de la capitale française marque une extension de l'offensive de plusieurs milliards de dollars du royaume dans les investissements internationaux dans la pop culture et le tourisme.
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L'Arabie saoudite projette de construire un parc à thème dédié à la franchise d'animé japonais « Dragon Ball » dans la région parisienne, cherchant à établir une destination majeure du divertissement en Europe qui concurrencerait directement Disneyland Paris. Selon les informations d'Henry Samuel, cette proposition constitue le tout nouveau front des efforts de plusieurs milliards de dollars de Riyad pour étendre son influence économique et son soft power culturel bien au-delà de ses frontières nationales. En implantant une attraction phare de la pop culture en périphérie de la capitale française — l'un des hubs touristiques les plus visités au monde et un bastion des fans d'animation japonaise en Europe —, les dirigeants saoudiens tentent de transformer leurs investissements en capital souverain en actifs mondiaux du divertissement grand public.
## Faits marquants - Les planificateurs saoudiens conçoivent un parc à thème « Dragon Ball » destiné à la région parisienne pour rivaliser avec des géants régionaux du divertissement tels que Disneyland Paris. - Le projet s'inscrit dans le cadre de la campagne mondiale de soft power menée par l'Arabie saoudite pour diversifier ses actifs nationaux au-delà du pétrole. - Le projet s'appuie sur de précédentes annonces de la Qiddiya Investment Company d'Arabie saoudite concernant des développements axés sur les animés, notamment un immense site Dragon Ball à l'échelle nationale. - La France représente l'un des plus grands marchés mondiaux de consommation de mangas et d'animation japonaise hors du Japon. - Le Public Investment Fund d'Arabie saoudite a régulièrement augmenté ses participations dans les médias mondiaux, les éditeurs de jeux vidéo et les entreprises de divertissement ces dernières années.
## Ce qui s'est passé Selon les informations d'Henry Samuel, des promoteurs saoudiens ont ciblé la région parisienne pour un parc à thème spécialisé centré sur « Dragon Ball », l'emblématique franchise de manga et d'animé. L'installation prévue vise à servir de destination alternative à Disneyland Paris, qui domine depuis longtemps le marché européen des parcs d'attractions.
La proposition représente une extension internationale spectaculaire de la stratégie d'investissement culturel de l'Arabie saoudite. Auparavant, les entités saoudiennes s'étaient principalement concentrées sur la construction de gigantesques projets de divertissement à l'intérieur des frontières du royaume ou sur l'acquisition de participations minoritaires dans des sociétés de médias internationales existantes. Implanter une destination sous licence directement dans une grande zone métropolitaine d'Europe occidentale marque un tournant vers la détention et l'exploitation à l'étranger d'attractions grand public phares.
Bien que les plans complets de conception, les détails sur l'acquisition des terrains et les dossiers d'urbanisme pour le site parisien n'aient pas été rendus publics, l'initiative reflète une poussée coordonnée entre des entités de développement saoudiennes et les ayants droit de la franchise japonaise. Le projet s'appuie sur des accords de licence existants conclus avec des maisons de médias japonaises pour transformer des propriétés intellectuelles populaires en actifs immobiliers physiques.
## Pourquoi c'est important La proposition de construire un complexe « Dragon Ball » financé par l'Arabie saoudite aux portes de Paris comporte d'importantes répercussions commerciales, géopolitiques et culturelles. Pour les secteurs européens du divertissement et du tourisme, l'établissement d'un grand parc à thème axé sur une marque majeure près de Paris introduit une concurrence directe pour Disneyland Paris à Marne-la-Vallée, qui domine le secteur des parcs d'attractions en Europe continentale depuis son ouverture en avril 1992. La France est largement reconnue comme le plus grand marché d'Europe occidentale pour la culture populaire japonaise, les ventes de mangas représentant une part majeure de l'industrie de la bande dessinée dans le pays. Placer une destination phare dédiée aux animés dans la zone périurbaine parisienne permet de capitaliser directement sur cette demande régionale existante.
D'un point de vue géopolitique, l'initiative illustre la manière dont les fonds souverains de la région du Golfe évoluent d'investissements financiers passifs vers une stratégie active de branding culturel. Les critiques et les analystes en politique étrangère qualifient fréquemment les investissements étatiques de premier plan dans le sport, les jeux vidéo et le divertissement de tentatives visant à modifier la perception du public international et à atténuer les critiques concernant le bilan en matière de droits humains. En associant les investissements souverains de l'État saoudien à des marques de la pop culture universellement reconnues comme « Dragon Ball », Riyad cherche à créer des points de contact quotidiens et positifs avec des millions de consommateurs internationaux, en particulier les démographies les plus jeunes.
Pour l'industrie internationale des médias, le projet souligne une tendance de marché plus large où les propriétés intellectuelles non occidentales et les capitaux étatiques façonnent à nouveau le secteur mondial des loisirs immersifs. La forte intensité capitalistique de la construction de parcs à thème de premier plan — nécessitant souvent des milliards d'euros d'investissements initiaux dans les infrastructures, l'acquisition de foncier et les technologies d'attractions — limite le nombre de promoteurs potentiels dans le monde. Les fonds souverains, en particulier ceux du Moyen-Orient, sont devenus l'un des rares investisseurs institutionnels disposant des réserves de capital et des horizons d'investissement à long terme nécessaires pour financer de tels projets immobiliers colossaux.
## Le contexte Pour comprendre le contexte derrière un parc à thème d'animé financé par l'Arabie saoudite en France, il est essentiel d'examiner la restructuration interne de l'Arabie saoudite dans le cadre de sa stratégie économique Vision 2030, ses précédents investissements étrangers dans les médias japonais et la position unique de la France sur le marché mondial de l'animé.
En 2016, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a lancé Vision 2030, une vaste directive nationale visant à réduire la dépendance structurelle du royaume à l'égard des revenus du pétrole brut. Un pilier central de Vision 2030 consiste à construire de solides secteurs nationaux du sport, du tourisme et du divertissement, tout en utilisant simultanément le Public Investment Fund (PIF) — le fonds souverain de l'État détenant des centaines de milliards de dollars d'actifs — pour acquérir des participations stratégiques dans des secteurs mondiaux à forte croissance.
L'intérêt de l'Arabie saoudite pour la pop culture japonaise et le divertissement numérique a rapidement progressé au cours de la dernière décennie. Le PIF et sa filiale à 100 %, Savvy Games Group, ont injecté des dizaines de milliards de dollars dans l'écosystème mondial du jeu vidéo et des médias. Le fonds a acquis des participations de plusieurs milliards de dollars dans de grands acteurs japonais du jeu vidéo et du divertissement, notamment Nintendo, Capcom, Koei Tecmo et Toei Animation — le studio de production historique responsable de l'animation de la série télévisée « Dragon Ball ».
En mars 2024, la Qiddiya Investment Company d'Arabie saoudite, une entité détenue à 100 % par le PIF, a officiellement dévoilé des projets de construction du premier parc à thème au monde entièrement dédié à « Dragon Ball » au sein de Qiddiya City, un ambitieux mégaprojet de divertissement en construction près de Riyad. Cette installation nationale prévue de 500 000 mètres carrés a été conçue pour accueillir sept zones thématiques distinctes reproduisant des lieux emblématiques de la franchise, ainsi que trente attractions articulées autour d'une montagne russe de 70 mètres de haut construite à l'intérieur d'une réplique du dragon mythique Shenron.
Le choix de « Dragon Ball » comme actif central pour une expansion internationale s'appuie sur l'une des franchises médiatiques les plus fructueuses sur le plan commercial de l'histoire. Créée par le regretté auteur de manga Akira Toriyama en 1984, « Dragon Ball » a débuté sous la forme d'un récit prépublié dans le Weekly Shōnen Jump avant d'évoluer en un empire médiatique international englobant plusieurs séries télévisées, longs-métrages, jeux vidéo et produits dérivés. Le décès de Toriyama début 2024 a suscité de larges rétrospectives mondiales, réaffirmant l'empreinte culturelle durable de la franchise auprès de générations de fans à travers le monde.
La France offre une base européenne idéale pour une telle enterprise. Depuis la fin des années 1980, lorsque des séries comme « Dragon Ball » étaient diffusées sur les chaînes de télévision françaises dans des émissions telles que le Club Dorothée, la France a développé une passion intense pour l'animation et la bande dessinée japonaises. Aujourd'hui, la France s'impose comme le deuxième marché mondial du manga, dépassé uniquement par le Japon lui-même. En choisissant Paris plutôt que d'autres capitales européennes, les promoteurs saoudiens placent leur investissement sur un marché bénéficiant à la fois d'une communauté de fans nationale massive et d'une infrastructure établie pour le tourisme international.
## Réactions À mesure que les détails rapportés du projet de parc à thème parisien émergent, les responsables publics, les collectivités locales de la région Île-de-France et les analystes du secteur touristique devraient évaluer l'impact économique et municipal de la proposition. Les grands projets d'aménagement urbain près de Paris sont soumis à un contrôle réglementaire français rigoureux, incluant l'approbation du zonage local, des évaluations d'impact environnemental et des examens d'intégration aux infrastructures publiques concernant les transports et les raccordements aux réseaux.
Au sein de l'industrie mondiale du divertissement, les concurrents et les analystes observeront la réaction des opérateurs existants face aux initiatives offensives de l'Arabie saoudite dans les parcs et loisirs immersifs. Euro Disney S.C.A. et sa société mère, The Walt Disney Company, ont continuellement agrandi Disneyland Paris afin de maintenir sa position de leader sur le marché européen. Les commentateurs culturels français et les figures de la communauté animé devraient également analyser le projet de près, mettant en balance l'enthousiasme pour une destination consacrée à une grande franchise et le débat public entourant les projets de soft power financés par des gouvernements étrangers.
## Ce que l'on ne sait pas encore Malgré l'ambition affichée dans la proposition rapportée par Henry Samuel, plusieurs détails opérationnels et logistiques essentiels restent à confirmer. - Le site géographique précis au sein de la région Île-de-France ou de la grande agglomération parisienne n'a pas été spécifié publiquement, laissant en suspens les questions sur la disponibilité des terrains, les liaisons de transport et le statut de zonage local. - L'architecture financière et l'investissement total prévus pour le site parisien n'ont pas été divulgués, ce qui rend difficile l'évaluation du calendrier et de l'échelle par rapport au projet national de 500 000 mètres carrés prévu à Qiddiya. - Le statut des dossiers réglementaires locaux, des études d'impact environnemental et des autorisations officielles du gouvernement français reste flou, les grands projets immobiliers en France faisant régulièrement face à des procédures de planification et de concertation publique étalées sur plusieurs années. - Il n'est pas encore établi si le projet parisien partagera des attractions et des concepts d'équipements identiques au parc saoudien ou s'il proposera des expériences personnalisées, adaptées aux visiteurs et aux conditions climatiques européennes.
## À surveiller - **Acquisition foncière et annonces de zonage :** Suivre les dépôts officiels auprès des préfectures ou autorités municipales françaises indiquant l'emplacement exact du parc proposé. - **Accords de licence officiels :** Surveiller les communiqués de presse officiels de Toei Animation, Shueisha ou des ayants droit d'Akira Toriyama concernant les droits de licence territoriaux internationaux pour des parcs à thème physiques. - **Avancement de Qiddiya City :** Suivre les étapes de construction du site principal « Dragon Ball » en Arabie saoudite, qui sert de modèle technologique et conceptuel pour les exportations du royaume dans le divertissement. - **Réactions réglementaires et politiques en France :** Observer les déclarations des ministères français et des conseils régionaux concernant les projets immobiliers soutenus par des États étrangers à proximité de la capitale. - **Déclarations d'entreprises :** Surveiller les réactions potentielles ou les ajustements stratégiques des concurrents, notamment la division parcs de Disney et les exploitants régionaux d'attractions en Europe.
Ce récit est basé sur des informations originales publiées par Henry Samuel.
Source : Henry Samuel



